Réflexion sur le bien et le mal

la morale utilitariste

administrateur6 | 24 février, 2017 10:02

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 Philo:analyse d'un cas moral :

Michaël Sandel est né le 5 mars1953. Il est un philosophe américain, professeur à Harvard au sein du département de sciences politiques. Il a crée un cours intitulé « Justice » qui a été filmé et suivi par plus de 15 000 étudiants de Harvard : Justice : What's the Right Thing to Do?.  Son livre, c'est vendu à plus d'un millions d'exemplaire. Michael soutient le courant utilitariste pour réfléchir sur les problèmes de la morale.  
La morale utilitariste veut apporter le plus grand bonheur au plus grand nombre mais cela a forcement des défauts. On ne respect pas les droit des petites minorités (ex les chrétien qui étaient jetés dans le Colisée aux lions à Rome) et de plus, si on veux faire un calcul des coûts/bénéfices, on peux rencontrer des problèmes lors du comptage des valeurs mises en jeu (Tous n’est pas valorisable (ex:la vie humaine n’a pas de prix))
Un des grande problème moral et juridique du 20 siècle fut l’affaire de la dérive d’un canot de sauvetage durant 19 jours. Le capitaine a décidé de tuer le membre d'équipage le plus faible c-a-d le garçon de cabine.Ils ont donc pu se nourrir de son sang et survivre et grâce à cela ils ont réussi à survivre mais ils ont été condamner pour meurtre.

Qu’aurait dit la morale utilitarisme?

La moral utilitariste aurait approuvé ce choix car si ce meurtre n’avait pas été commis tout le groupe serait mort. Mais ils ont été condamnés. Pourquoi ?

Colin H, Théophile P, Anthony V, Romain M-G et Tristan J

Le sacrifice de Jack dans Titanic est-il si généreux?

administrateur6 | 24 février, 2017 09:43

           

alt  Souvenons-nous, la fin du film Titanic, Jack décide de rester dans l’eau glacé, et d’attendre une mort quasi certaine par hypothermie, pour que Rose perchée sur une petite planche de bois,où un seul peut tenir, puisse survivre, n’est-ce pas un magnifique exemple de sacrifice ?

            Nous avons souvent tendance à se persuader que nous ne sommes pas égoïstes, que nous pouvons nous sacrifier sans rien attendre en retour. C’est en tous cas ce que voudrait l’esprit de la morale qui demande que nos intentions soient pures et désintéressées, que nos actes soient vraiment faits pour l’autre et par encore par calcul pour notre cher petit « moi » ? Mais n'avons nous pas constamment une arrière pensée qui nous pousse à nous préserver ?

 PEUT-ON VRAIMENT NE PAS ÊTRE ÉGOÏSTE ET SE SACRIFIER POUR AUTRUI?

            Contrairement à ce que nous pouvons penser, nous avons souvent une « petite voix » intérieure qui nous empêche d'être totalement altruistes. Cet inconscient incontrôlable nous pousse à développer notre instinct de survie et par conséquent à être égoïste. Notre ego et notre fierté nous font constamment et inconsciemment attendre un retour de la personne à qui nous venons en aide ou un avantage de la situation. Par exemple, nous donnons à des œuvres de charité, cela semble généreux mais c’est pour avoir une bonne réputation et faire des affaires. Notre don, s’il fait du bien n’est donc pas moral dans l’intention.

Ce retour n'est pas forcément matériel mais une simple reconnaissance sert à assouvir notre satisfaction personnelle. Parfois, nous nous auto-persuadons que l'autre ne vaut pas la peine d'être aidé, et c'est encore dans ce cas là, une preuve d'égoïsme.

             Cependant, l’amour n’est-il pas un sentiment qui nous pousse à l’altruisme et à la générosité, voire dans le cas de Jack au sacrifice de sa propre vie ? Mais l’amour, si on y réfléchit bien est plus ambiguë qu’il n’y parait. 

D’abord, est-ce que l’amour et la générosité durent en général, si l’autre ne nous rend jamais la pareille ? L’enfant ingrat qui n’aide pas ses parents, l’amoureux qui oublie notre anniversaire ? Cela provoque plutôt la rupture.

Ensuite, nos actes dans l’amour peuvent être généreux mais pas très justes : je suis généreux avec ceux que j’aime et qui parfois ne le méritent pas et indifférent avec ceux que je n’aime pas et qui peut-être auraient eu vraiment besoin de moi.  

 Enfin et plus subtilement, lorsque nous aimons, nous pouvons parfois aimer en l’autre plus nous-mêmes que lui ; comme si l’autre n’était qu’un prolongement de nous-mêmes, et que les cadeaux que nous lui faisons sont plus pour nous que pour lui et peuvent même paradoxalement lui nuire.  Par exemple, certains parents gâtent trop leurs enfants ; ils veulent vivre à travers eux l’enfance heureuse qu’ils n’ont pas eue ; mais cela peut empêcher les enfants de mûrir.  

Revenons donc à Jack qui sacrifie sa vie : et si Rose avait voulu que ce soit lui qui vivre et que pourtant il ne l’écoute pas et la force en quelque sorte à rester sur la planche parce que le sentiment de sa  perte lui est insupportable, verrions-nous encore son geste comme généreux et respectueux?  Nous savons que Jack, avant de mourir, lui fait promettre de survivre. Mais quel est le sens de cette promesse ? Aider Rose à se battre et se reconstruire ou se réconforter lui ?

Nous ne dirons pas que l’amour et les actes qu’il nous fait faire pour l’autre, manifestent encore de l’égoïsme bête et méchant où nous ne pensons qu’à nous, mais qu’ils ne sont pas exempts d’amour de soi, qui nous  pousse souvent à décider du bonheur de nos proches à leur place en fonction de ce qui nous convient. 

        Un autre personnage, nous fait cependant réfléchir autrement : il s’agit de John Jacob Astor, le milliardaire, qui décide de rester sur le bateau sombrant plutôt que d’essayer d’avoir à tout prix une place dans les rares chaloupes. Dans la vraie histoire du Titanic, des survivants ont même raconté qu’il avait laissé sa place à un jeune homme. Il sacrifie sa vie pour quelqu’un qu’il ne connaissait pas et donc pas par amour. N’avons-nous pas là un véritable don de soi pour l’autre ? Mais là encore, après réflexion, nous pouvons analyser cet acte d’une façon plus subtile. Qu’est-ce qui a bien pu décider Astor a laissé sa place pour le jeune homme ? Astor avait la cinquantaine,  il était riche et a eu une belle vie, il a estimé que le jeune homme qu’il sauvait, méritait plus que lui d’avoir la possibilité de continuer à jouir de la vie ; mais il l’a fait parce qu’il aurait aimé que des gens âgés fissent la même chose pour lui s’il avait été jeune dans la même situation. Tel est le sens de la règle d’or de la morale : fais aux autres ce que tu aimerais qu’il te fasse ou aime ton prochain comme toi-même. Dans cette règle, il s’agit de se servir de notre égoïsme pour neutraliser notre égoïsme : s’aimer soi-même, c’est ce qu’il a de plus naturel, de plus facile et c’est l’égoïsme, eh bien il s’agit, en aimant les autres comme soi-même, de se mettre à la place de l’autre, de faire  sien son point de vue, ses intérêts, ses droits, pour pouvoir contrebalancer notre égoïsme.  Astor ainsi, a considéré que le jeune homme avait plus le droit de vivre que lui parce que tout simplement il avait moins profité de la vie que lui. En revanche, selon cette logique, s’il avait été confronté à un milliardaire aussi âgé que lui, , il n’aurait pas eu de raison morale de sacrifier.

                Ainsi, quand nous faisons des choses bonnes pour les autres,  nous ne le faisons pas nécessairement et hypocritiquement par égoïsme caché, pour en retirer un avantage personnel, a fortiori quand nous sommes prêts à sacrifier notre vie pour lui ;  mais il est aussi faux de dire que nous ne pensons pas à nous-mêmes : nous nous servons au contraire de notre amour de la vie pour défendre les droits des autres contre nous-mêmes. 

 

                                       Camille B, Chloé N et Diane B

Le Liseur de Bernhard Schlink

administrateur6 | 22 février, 2017 13:33

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    Le Liseur (titre original : Der Vorleser) est un roman allemand de Bernhard Schlink écrit en 1995.

          Il raconte l'histoire de Mickaël Berg, jeune adolescent de 15 ans, qui fait la rencontre inattendue d'une femme de 35 ans, Hanna Schmitz, dans des circonstances plutôt embarrassantes. De cette rencontre, naît un « amour fugueur » entre les deux personnages, une relation complexe et surtout un mytérieux rite : Hanna insiste pour que Michaël lui fasse la lecture à haute voix de grandes œuvres littéraires avant chacune de leur étreinte sexuelle. Puis il y aura le départ soudain d'Hanna qui ne donnera plus de nouvelles à Mickaël.

Plusieurs années après, lors de ses études en droit, Michaël retrouve par hasard, Hanna sur le banc des accusés au tribunal. Il découvre alors son terrifiant passé : pendant la guerre, elle s’était engagée dans les SS et est accusée d’avoir laissé périr un groupe de femmes prisonnières dans un incendie. Mais l’affaire est confuse : elle a signé des aveux attestant que que cétait bien qui avait donné l’ordre, elle aurait écrit de sa main un rapport le prouvant ; pourtant, voilà qu’elle nie maintenant sa culpabilité à la barre, affirmant n’avoir été qu’un témoin de ce crime ; mais quand un expert graphologue veut vérifier que son écriture et celle du rapport concordent, elle finit par avouer qu’elle était bien la donneuse d’ordre.

C’est alors que Michaël comprend qu’Hanna est en fait analphabète. C’est pour cela qu’elle lui demandait de lui faire la lecture quand ils étaient amants. Ce n’est donc pas elle qui a redigé le rapport. Voilà un élément qui pourrait servir sa défense.  Mais Hanna n’en dit rien et préfère endosser toute la responsabilité. Michaël s’interroge : « La honte qu’éprouvait Hanna de ne savoir ni lire ni écrire expliquait-elle son comportement au procès et dans le camp ? Par peur de la honte d’être analphabète, plutôt la honte d’être démasquée comme criminelle ? Plutôt être une criminelle ? »  

Hanna est donc condamnée à la perpétuité. Michaël lui envoit pendant des années, des enregistrements de lectures à haute voix qui permettent à Hanna de finalement apprendre à lire. Après 18 ans derrière les barreaux, Hanna va bénéficier d’une grâce. Michaël s’apprête à l’acceuillir à sa sortie. Mais Hanna se suicide en prison.

     C’est au moment du procès, que ce livre deploie, en autres thèmes,  une réflexion morale très riche :  

-          d’abord, Michaël se sent coupable d’avoir aimé une criminelle nazie : comment accorder nos sentiments et le mérite des gens ? Faut-il n’aimer que les gens biens et le peut-on ? et si on tombe amoureux de quelqu’un de mauvais, est-ce critiquable ?  Ce trouble de Michaël est représentatif du mal-être la jeunesse allemande née après la guerre, face aux crimes de leurs parents : comment aimer sa famille, sa patrie quand ils ont commis le pire ?

-          et Hanna, pourquoi n’avoue-t-elle pas son analphétisme qui atténuerait sa responsabilité ? Après tout, peut-être n’a-t-elle fait que suivre les ordres sans pouvoir les empêcher et sans les comprendre ?  Par honte personnelle d’être illétrée, pensait ci-dessus Michaël ? peut-être mais cela reste peu crédible si on envisage qu’elle va payer cette tare (qui est d’abord la conséquence imposée d’une enfance très pauvre) par la prison à vie. Par honte en fait de se servir de cela comme d’une excuse, par le sentiment que cette excuse ne pèse rien, ne peut être avancée face au poids de la terreur nazie qu’Hanna ne pouvait complètement comprendre et donc vouloir mais au fonctionnement delaquelle, elle a pourtant contribué à son modeste niveau ; honte et sentiment partagés par tous les Allemands ordinaires de cette époque qui sans être des fanatiques criminels, ont laissé faire par peur, paresse ou ignorance.

Soient les questions : peut-on se sentir responsable et payer sans être complètement coupable ? Peut-on se sentir innocent face à un malheur qu’on n’a pas voulu mais qu’on a provoqué ?

-          enfin Michaël, lorsqu’il voit Hanna ne pas se servir de son analphétisme pour éviter la perpétuité, se demande s’il doit le révéler malgré elle ; soit la question : faut-il aider, protéger les gens malgré eux ?, mais respecte-t-on alors leur choix, leur liberté ?

            Le livre, comme tout bon roman, se garde bien de donner des réponses assurées à ces questions. Nous ferons de même. Il se suffit de les poser pour déjà élever sa réflexion morale.

                                                                                                         Marie M, Anaëlle A et Jade M

Breaking Bad ou les pièges des bonnes intentions

administrateur6 | 21 février, 2017 10:12

           alt Dans la série Breaking Bad, Walter White, le personnage principal, est un professeur de physique-chimie dans un lycée en Amérique, vers la frontière mexicaine. Il est également le père d'un adolescent atteint d'une encéphalopathie et mari d'une femme enceinte. Peu après le jour de ses cinquante ans, Walter découvre qu'il a un cancer des poumons incurables. Son beau-frère, Hank Schrader, est un agent de la brigade des stupéfiants de Albuquerque. Ce dernier décide d'emmener Walter durant une descente dans un laboratoire de méthamphétamine, une puissante drogue de synthèse très addictive et bien sûr illégale aux Etats-Unis. Après, l'annonce de sa maladie, Walter White décide de fabriquer lui-même de la méthamphétamine. Grâce à cela, il pense qu'il pourra ramener assez d'argent pour sa famille après sa mort.

           Nous avons là un cas moral intéressant à analyser. Walter White sait bien que la drogue est un fléau. Mais il pense que ce qu’il fait peut se justifier parce que c’est le seul moyen d’assurer  la sécurité économique de sa famille après sa mort. Après tout, les gens qui se droguent ont choisi de le faire, il ne les force pas. Et puis la vie a été cruelle avec lui et la société américaine ne propose aucune aide pour sa famille. Enfin, il ne le fait pas pour s’enrichir lui, par égoïsme.

Si nous nous essayions à conceptualiser son attitude, nous dirions que Walter White se range du côté de l’éthique de la responsabilité. Cette notion vient du philosophe et sociologue Max Weber (Allemand, début 20ème s.) qui l’opposait à l’éthique de la conviction. L’éthique de la conviction pense que l’action dont on est convaincu qu’elle est mauvaise ne doit jamais être faite, qu’elle ne peut jamais être justifiée. Par exemple, vendre de la drogue qui nuit à la santé d’autrui est mal et ne doit jamais être fait. L’éthique de la responsabilité pense que nous devons nous sentir responsables de toutes les conséquences prévisibles de nos actes et que si un certain mal peut éviter dans le futur un mal plus grand ou donner un bien plus grand, nous sommes justifiés à le faire. Par exemple, si on prend le point de vue de Walter White,  il encourage la consommation de drogue mais il assure par là le bonheur de sa famille dont en tant que père il se sent responsable. Bref, pour l’éthique de la responsabilité, il faut parfois « se salir les mains » pour aider les autres.

 

            A travers l’histoire de Breaking Bad, nous sommes ainsi confrontés à la question philosophique : a-t-on le droit de faire un Mal pour un plus grand Bien ? A-t-on le droit de mentir, trahir, voler et même tuer si cela aide des gens ? Question qui montre que la morale est une chose bien plus complexe que la simple application d’un catalogue de règles.

             Alors vers quelle réponse, la série se dirige-t-elle ? Ce que fait Walter White est-il bien ou mal ?

Au début, on remarque très bien que le chimiste n'est pas du tout à l'aise avec le milieu de la drogue, il sait que ce qu'il fait est mal. Il le conçoit très clairement. Il veut seulement ramener une certaine somme d'argent pour sa famille puis arrêter.

Mais ce milieu est un système dont on ne peut jamais sortir sans aucune blessure, que ce soit physique ou morale. Au fur et à mesure que l'on avance dans la série, Walter en vient même à devoir tuer des gens pour éviter de se faire prendre par la police ou la brigade des stupéfiants. Mais, il croit encore que c’est justifié pour sa famille.

La suite de l’histoire montre ainsi clairement les objections majeures qu’on peut faire à l’éthique de la responsabilité :

                       - quelle quantité de Mal est-il acceptable de faire au nom d’un Bien plus grand ? Vendre un produit illicite à des gens majeurs, d’accord,  mais tuer des criminels pour continuer, est-encore acceptable ? ;

                       - peut-on être sûr que du Mal que nous faisons au nom d’un plus grand Bien, il en sortira ce plus grand Bien et pas encore plus de Mal ? Ainsi, à un moment (saison 2), la femme de Walther apprend que son mari "cuisine" de la drogue et  décide de divorcer et de ne plus le laisser approcher de leurs enfants. N’a-t-il pas alors fait tout ce Mal pour rien ?

Après la rupture avec sa famille, Walter devient presque fou et ne pense plus qu'à son "empire" qu'il a monté tout seul. Il ne pense plus au bien ou au mal il ne pense qu'à l'argent. Il ne se place plus du côté de l'éthique de la responsabilité, de la morale ; il est juste devenu un individu égoïste.   

Cette transformation illustre le plus grand reproche qu’on peut faire à l’éthique de la responsabilité : même si c’est pour de bonnes intentions au départ, faire le mal abime toujours son auteur, et le rend mauvais.

                                                                                                               Eva G et Anna M


Félicitations !

administrateur | 04 janvier, 2017 20:45

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